Alice versus Charlie

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Pétrifiée par les événements sanglants et barbares qui ont frappés la démocratie depuis mercredi matin, ma plume est en deuil, ma page reste résolument noire. 

Paris, symbôle vivant de notre Europe des Lumières, est devenu un champ de bataille où le terrorisme religieux, le racisme et l’intolérance font rage. Faisant fi de la pensée, de l’humanité, de l’amour on tue sauvagement, on assassine des artistes, des libre-penseurs, on distille le Mal absolu et l’indicible dans nos rues, dans nos imaginaires, dans nos cœurs.

Nous devenons des pantins pétrifiés de peur, poupées désarticulées, qui ne peuvent plus articuler qu’un cri silencieux. Comme tous les totalitarismes de l’Histoire, ce sont les intellectuels et les artistes que l’on cible, eux les gardiens de la civilisation, eux qui mettent nos rêves en perspective, qui dessinent notre futur.

Face à tout ce Mal, il est indispensable de savoir qui nous sommes, de retrouver nos identités, nos références, de rappeler à nos mémoires les héros de la démocratie, les Maîtres de la Pensée. Il est essentiel de reprendre le souffle, de ne pas laisser nos cœurs noircir, d’inspirer profondément pour inspirer à nouveau l’Amour au monde.

“C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le Mal” Hannah Arendt



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  • J’ai aussi pensé à Arendt aujourd’hui. J’avais inscrit cette citation sur mon profil : “L’irréflexion (témérité insouciante, confusion sans espoir ou répétition complaisante de « vérités » devenues banales et vides) me parait une des principales caractéristiques de notre temps. Ce que je propose est donc très simple : rien de plus que penser ce que nous faisons.” Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne.

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