Plonger les yeux ouverts

Automne-plonger

En ce dernier jour d’octobre, c’est un billet un peu plus personnel que je vous glisse ici. L’automne doit certainement y être pour quelque chose, saison où la nature se meurt doucement dans une beauté chatoyante. Et puis aussi l’approche de mon anniversaire qui depuis quelques années me plonge dans une forme de mélancolie étrange. Mais surtout cela fera bientôt un an que je suis sortie du monde de l’entreprise. Ou plutôt qu’on m’a poussée violemment vers la sortie la veille de mon retour de congé parental, issue fatale après 15 ans de galères et d’errances professionnelles à la recherche de ceux qui verraient qui je suis.

L’enfer a démarré pour moi dès la fin de mon master, où diplôme en poche, j’étais censée trouver une place, ma place, valoriser mes compétences, faire carrière. Rien de tout cela n’est arrivé, j’ai dû me résigner à faire des boulots que je n’ai jamais aimé, où jamais je ne me suis sentie respectée, travailler 40h semaine avec des gens qui n’ont pas envie de reconnaitre mes compétences, dans un système complètement perverti où l’argent, les egos, les voitures de sociétés et les petits jeux de pouvoir sont les seules préoccupations. J’ai toute essayé: le privé, le public, les multinationales, les PME, adopté toutes les stratégies pour me fondre à la normalité, porté les masques nécessaires à ma survie, fait profil bas ou pas.

Je ne sais pas. C’est la seule conclusion vers quoi ce cheminement a débouché. Parce que oui après ces années d’espoirs brisés, un burn-out et un harcèlement moral, se reconstruire est compliqué. On ne sait plus qui on est, ce que l’on vaut, la confiance en soi et aux autres est démolie. Depuis un an, je prends le temps de mettre en place un projet qui pour la première fois de ma vie reflète qui je suis, de rechercher un emploi qui me ressemble. Plonger les yeux ouverts, ne pas nourrir la peur, faire taire les doutes, croire. Un exercice difficile à recommencer tous les matins au saut du lit. Certains jours je gagne, d’autres je suis terrassée. Mais j’avance pas à pas vers j’espère un peu plus de lumière.

Source photo Pinterest



4 thoughts on “Plonger les yeux ouverts”

  • 2017 a été une année assez pourrie pour pas mal de monde mais là, tu fais de Little Moon un projet en or (avec l’aide de tes deux petits monstres!) et tu ne dois te nourrir que de tout ce positif 🙂
    Continue comme ça, 2018 ne pourra être qu’une très très bonne année !

  • Comme je me reconnais dans ton parcours. Pour exactement les mêmes raisons , on a décidé avec mon mari de tout quitter ( oui c’était très radical) et de partir au Rwanda réaliser un projet un peu fou. C’était en décembre 2014 que nous avons quitté Bruxelles, ceux que l’on aime, notre zone de confort pour faire le grand saut. Trois plus tard ( presque) aucun regret et pourtant ce fut dur à plusieurs niveaux. J’en parle sur mon petit et tout nouveau blog ( article sur la zone de confort). Je te souhaite bien du succès avec ton projet que je suis via les réseaux sociaux. Tu as déjà fait le plus dur tu sais ! Bravo à toi et vive ta petite boutique . PS: on s’était rencontrées à une formation sur les réseaux sociaux en 2014 … Dans un atelier près de flagey. Comme le temps file!

    • Quel courage de tout quitter! Chapeau bas. Je suis heureuse que ce soit pour un mieux et un équilibre enfin trouvé. Je m’en vais lire ton blog de ce pas. Merci pour ton commentaire!

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